Couvé comme un oeuf au contact des mots
Il arrive que le poème jaillisse tout chaud
Colle odorante des gouttes de sève d’ambre
Rondin de pin frais, avril de tous côtés
« Je m’introduis là où mon ombre naît »*
Sous les feuillages verts bruissant
Dans la fugue des pétales blancs
Que suit l’eau du ruisseau
Je foule la rosée des touffes le long du canal
Ecoute s’écouler « l’outre de silence »*
Les nuages passent en colonie de vacances
Les lilas, bientôt la glycine
Dérivent en procession de saison
Piquée de grillons

Les cheveux ont poussé avec les feuilles
Les mèches ont rebiqué, bouclé
Ma grand-mère chapelière m’aurait-dit
Qu’ils recommencent à cranter
.
Sous le feu d’artifices figé du saule
Le lichen rouille cartographie le printemps
Continents granuleux sur la pierre
Tracé extrapolé des radeliers
Dont le chômage est programmé

*(Katerina Anghelàki-Rooke)