Il y a une forme d’illisibilité vraie, résultant du contact du poète avec ce qui est sans mot, sauf ceux qu’il pose. Et puis il y a une illisibilité disons fausse, produite aussi bien par un goût immodéré de l’image clinquante que par la complexification volontaire et injustifiée du dispositif d’écriture. Dans le premier cas, on est illisible par nécessité, dans le second, on devient illisible par vanité. […]

L’œuvre est acéphale, pur mouvement de vie, centripète, agglutinant, spiralant, orbitant, agglomérant… 

Si l’on ne se fie pas à ce mouvement, alors on reste accroché à ce que l’on a cru comprendre ou maîtriser, et on rejette le reste parce que cela ne rentre pas dans le cadre de la figure que l’on s’est forgée de soi-même.

A. Emaz, Cambouis