Anciennes icônes de la mémoire
Couleurs usées que l’esprit frotte
Bois rongé que l’on repolit
Jusqu’au coin le plus secret
« Eh bien c’est là qu’il t’appartient de vivre »*

Haillons splendides de l’épouvantail
Saluant l’époque en dérive d’elle-même
Ouzo ou cognac : on se demande
L’origine de ses copeaux d’ivresse
« un peu de pollen d’immortalité »*

La partition rugueuse sous les doigts
L’écorce du bouleau toujours à déchiffrer
Sa sève de sens encore à conquérir

Renverse d’un printemps où l’espace se concentre
Etendue d’Eternel Retour sur soi
En suc cristallisé les mots tactiles
Dans la boutique balbutiante du ciel
Les journées de tranches généreuses
Dont la consolation effrite la durée
Pommiers et cerisiers en fleurs
De profusion contemplative
T’éloignent des taches sans énigme
L’illusion d’un accomplissement
Dans la recherche d’actions durables

Le gui s’accroche aux branches d’anniversaire
Trous noirs dans le ciel bleu
Autour de la souche creuse du temps

Fontaine piquetée
Du lierre des années
Gravure des yeux et trou de bouche
Une impression à jamais curry
                 *(Anestis Evanghèlou)