La lune pleine saluée du premier chant d’oiseau
Un arbre de lavande et un triangle noir en équilibre
Entre un ciel de crème et une terre pastel
Le voile de la nuit en trois angles incisés
Les traits s’insinuent dans la permanence de la vision
S’installent en promenade
Le feuillage recouvre de jaune et gris
La palette
La stabilité d’indifférence du bleu va
S’éclaircissant autour de l’étrange voile noire
Figure dans la plénitude de sa présence
S’en tenant solidement à elle-même.

Il y a la rotondité stable de l’arbre bleu
Au tronc plus foncé orienté vers la nuit
Les strates surimposées de matière pâteuse
Jusqu’au cyprès noir accolé tout au bord
Le relief granuleux, les superpositions de couches
L’aspiration des aspérités à l’obscurité profonde
Et la contiguïté des taches de lumière
Avec les nappes d’ombre
Une sorte d’océan silencieux*
Gommant les contours
Dans le rythme d’images simples* (J. Darras)

Vibration tactile de la nature morte
Les fruits carrés amoncelés
Sur la toile cirée
Une carapace de tortue en tranches
Sur un fond de nuit mat
Un patchwork rampant
Découpé sur un renflement géométrique
De kaki et d’orange
Laissant respirer le poème
Entre les craquelures essentielles.