Je ne sais s’il est infime ou immense ce plaisir très con de sortir, excité comme tout, un matin de janvier dans un froid glacial, une bise coupante, voir le soleil se lever derrière les cimes à peine un peu plus à l’est que la semaine dernière et ressentir bêtement comme une victoire personnelle.
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Oser ou ne pas oser ; le plus souvent ne pas oser… Au fond ma vie n’aura été que ça.
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Rien à redire, à ajouter, au gazouillis de cet oiseau. Ce type emplumé m’a l’air parfaitement sincère dans ses propos.
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L’amour ne peut rien contre une gastro.
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J’ai quand même un peu trop de mousse dans l’expression pour oser prétendre être entendu.
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Et nous allions des fois parfaitement sereins et d’autres fois, parfaitement fébriles, échanger des regards et des paroles avec d’autres pour ramener le soir dans nos décombres, les pages déchirées et raturées d’un manuscrit indéchiffrable.
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Le plaisir profond de ces moments où le corps plonge dans l’eau gelée du torrent en hiver quand l’être se sent devenir minéral, pierre qui respire dans un univers enfin compact.
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Sur l’étroit sentier de bord de vide, où l’on manque à chaque instant de choir, qu’est cette vie, perdre son temps à ramasser par terre d’incertaines images, des souvenirs troubles et trop souvent de vaporeux désirs. Et faire avec cette vapeur une maison avec un lit, une table et quelques chaises, un peu de feu.
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On est arrivé par hasard et il n’y a pas de bon moment pour partir.