Ce soir de résultat d’élection alors que le fascisme est aux portes du pouvoir, je me prends d’affection pour une mouche tombée dans mon verre de vin et je me surprends à faire tous les efforts possibles pour la sauver, pour qu’elle puisse vivre encore un peu sa vie de mouche, comme si à cet instant c’était là pour moi la chose la plus importante au monde.
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Celle qui barricade si bien son dehors protège certainement une bête de douce fourrure qui hiberne en dedans.
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Le fil toujours tellement fragile et ténu d’un amour fou.
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Cette supplique : « laisse-moi seul » alors qu’on sait parfaitement qu’on l’est déjà et qu’on voudrait juste ne pas l’être.
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Le regard toujours déchirant d’un gentil chien.
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On sentait bien que les désirs transpiraient par tous ses yeux et qu’il peinait à transporter son sac bourré de sentiments d’une gare l’autre.
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Couper du bois, casser du bois, scier du bois, fendre et refendre du bois, empiler le bois, rentrer le bois, ranger le bois, brûler le bois, ça fait des souvenirs bien alignés. C’est toujours un peu les mêmes quand même.
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Un homme solitaire, grandeur nature, la tête posée sur ses deux mains, les coudes sur la table, les paupières lourdes et le corps fourbu, converse gaiement avec les murs gris de sa chambre.